mardi 16 octobre 2007

Regards

Samedi midi. Benjamin jouait au football avec son équipe, comme chaque week-end. Cela faisait plus d’une demi-heure qu’il courrait de tous les côtés et, à cause de la chaleur accablante, il était exténué. Il s’écarta un peu de ses compagnons et attrapa une bouteille d’eau glacée dans le frigo box. Il but quelques gorgés, versa un peu d’eau sur sa tête afin de se rafraîchir, et une fois qu’il eut récupéré son souffle, il rejoignit son équipe.

*****

Benjamin se tenait près du but, attendant impatiemment un centre de son coéquipier. Lorsque ce dernier se décida enfin, il tira trop fort et la balle n’était pas dans l’axe. Benjamin pris alors appui sur ses deux jambes et s’élança dans les airs, frôlant le ballon de son front, ce qui détourna suffisamment la balle de sa trajectoire pour atterrir au fond du filet.

La foule se mit à hurler.

Mais en s’élançant, Benjamin n’avait pas pensé à comment il se réceptionnerait au sol, et arriva tête la première sur le gazon. Le noir commença à envahir ses pensées et il perdit connaissance.

…Benjamin…
…Benjamin…
…C’est toi… ?
…Benjamin, c’est moi, Alice…
…Benjamin…


Lorsqu’il se réveilla, il était allongé sur une civière. Où était-il ? Qui était cette fille ? Il ne s’en rappelait plus, mais ce prénom et cette voix lui semblaient si familiers.

*****

Cette nuit-là, Benjamin fit un mauvais rêve. Il était seul, perdu dans une forêt, et ne savait pas vers où se diriger. Autour de lui, de nombreux animaux l’entouraient, l’air menaçant. Soudain, une lumière apparut. Cette lumière brillait de mille feux et l’invitait à le suivre.

Benjamin se mit alors à la suite de cette lueur, et retrouva la sortie de la forêt. Juste avant de disparaître, il vit un visage à travers cette lumière. Un visage qui lui semblait familier. Soudain, la lumière disparut et Benjamin se réveilla en sursaut. Lorsqu’il desserra son poing, il y trouva une violette.

jeudi 9 août 2007

Les souvenirs

Alice était assise, une violette à la main. Ces derniers temps elle se souvenait de ce garçon qui, pendant un été, l’avait rempli de joie.

Cela remontait à si longtemps. Des semaines ? Des mois sans doute. Voire plus.

Elle ne savait pas pourquoi ces souvenirs avaient soudain surgis dans sa mémoire. Depuis qu’elle avait retrouvé ses frères et sœurs, elle était à nouveau heureuse. Et puis, la voilà seule, assise sur le sol et tenant une violette. Etrangement, la première personne qui lui vient en tête est Benjamin.

Benjamin… Il avait du grandir à présent. C’était sans doute un homme. Il avait un boulot, une femme et des enfants. Il était heureux et avait depuis longtemps maintenant oublié cette fille mystérieuse qu’il avait rencontré au fond d’une forêt.

- « Alice, tu viens jouer avec nous ? », demanda son frère au visage rempli de tâches de rousseur.
- « Je vous rejoins un peu plus tard. Pour le moment je me repose. »
- « Tu ne te sens pas bien ? »
- « Si si, ne t’inquiètes pas. J’arrive dans quelques minutes », répondit Alice.

Tout cela semblait si loin à présent. Elle n’aurait probablement jamais plus de nouvelles de ce garçon, et cela la rendait triste.

Une larme coula le long de sa joue. Arrivée sur son menton, elle tomba et cogna un pétale de violette. Soudain, une image se forma face à elle. L’image d’un jeune homme… l’image de…

- « Benjamin ! »

Comment cela était-il possible ? Benjamin était devant ses yeux. Il avait grandi certes, mais pas autant qu’elle aurait imaginé. Il devait avoir 17 ou 18 ans maximum à présent. Quant à son visage… elle ne se souvenait pas que son regard fût si intense lorsqu’il était enfant.

Et Alice serra fort la violette entre ses mains.

mardi 17 juillet 2007

L'arrivée

- Alice ! Aliiiiiice ! Rejoins-nous Alice !

Alice observa son nouvel environnement. Quel était cet endroit ? Elle se souvenait d’une forêt, d’un petit garçon, de violettes, et d’un voyage. Un voyage…

Etait-ce ici la destination ? Sans doute oui, car son arrivée ne semblait pas due au hasard. Et ces visages…

- Tu as fait un bon voyage, Alice ?, demanda un petit garçon dont le visage était parsemé de tâches de rousseur.
- Très bon oui, mais très fatiguant. Où suis-je ici ? Et… qui êtes-vous ?

Le groupe d’enfants se regarda, étonné.

- Nos visages ne te semblent pas familiers ?, questionna une fille aux longs cheveux dorés.
- En effet oui. Mais cela me semble venir de loin, comme d’un rêve.
- Ca fait bien longtemps en effet. Essaie de te souvenir Alice. Remonte le temps et trouve en toi les réponses.

Alice plongea dans sa mémoire, et tenta de se souvenir. Il lui semblait en effet qu’elle les connaissait, mais cela remontait à une autre vie. Une vie heureuse, entourée de ses parents et de… ses frères et sœurs.

- Vous êtes mes frères et sœurs, c’est ça ?
- En effet, c’est bien nous. Tu nous as manqué tu sais Alice. On avait peur de ne plus jamais te revoir. On craignait que le chagrin t’emprisonne à jamais sur Terre.

Alise se souvint alors de Benjamin, de leurs balades dans la forêt, de leurs rires, du soleil. Sans Benjamin, jamais plus elle n’aurait retrouvé la joie. Sans lui, elle serait encore dans sa forêt. Elle lui devait beaucoup.

Alice baissa les yeux au sol. A ses pieds se trouvait une violette. Elle la cueillit et la mit dans ses cheveux. En souvenir.

vendredi 6 juillet 2007

Le songe

Une petite fille rêve, assise au milieu de la forêt. Le soleil éclaire timidement son visage et donne à son corps un aspect éthéré.

Cela fait des années qu’elle rêve, perdue au milieu de cette prison végétale qui la retient.

Rien ni personne ne brisera ce cycle qui depuis des années perdure.

- Que fais-tu là ?, demanda le petit garçon.

La petite fille ouvrit les yeux.

- Mais… tu me vois ?
- Bien sûr que je te vois, pourquoi ce ne serait pas le cas ? Je m’appelle Benjamin et toi ?
- Alice, dit-elle en souriant.

Cela faisait plusieurs heures maintenant qu’Alice et Benjamin discutaient, jouaient et couraient dans tous les sens. La journée était magnifique, et ils en profitaient. Pourtant, l’heure était déjà très avancée et il fallait rentrer chez soi.

- Où habites-tu ?, demanda le petit garçon.
- Tu es ici dans ma maison. Cela fait très longtemps maintenant que j’ai élu domicile en ces lieux.
- Ah ? Et tu ne vis pas avec ton papa et ta maman ?
- Mon papa et ma maman… ?

Alice se mit à réfléchir. Son papa et sa maman. Cela remontait à des années qu’elle n’avait plus entendu ces mots.

- Tu veux rentrer avec moi ?, proposa Benjamin.
- J’aimerais bien, mais je ne peux quitter cet endroit…
- Oh… Alors je viendrai te voir tous les jours !

Alice sourit. Elle avait oublié à quel point le contact humain était si doux.

Benjamin s’en alla ce soir là, heureux de la journée qu’il venait de passer. Chaque jour durant l’été, il alla rendre visite à sa nouvelle amie. Mais l’été passa bien vite, et il serait temps à nouveau de regagner le chemin de l’école.

La veille de la rentrée, Benjamin se rendit dans la forêt. Il expliqua que bientôt il ne pourrait plus venir que le week-end dire bonjour à Alice. Celle-ci le regarda, pleine de joie dans les yeux, et lui offrit une fleur de violette.

Sans un mot, Benjamin rentra chez lui, et reprit le rythme annuel des cours. Lorsqu’il retourna dans la forêt, Alice n’était plus là. En son centre se trouvait plusieurs violettes qui avaient écloses et qui formaient un mot : merci.

Benjamin sut qu’Alice s’en était allé vers un endroit meilleur, et il sourit.

jeudi 5 juillet 2007

Lumière*

Immobile au cœur de la forêt, j’attends.

J’attends que mon moi ressurgisse, j’attends de pouvoir reprendre prise sur le monde qui m’entoure.

Peu à peu mes yeux s’ouvrent, et je vois.

La lumière réapparaît doucement. Elle me brûle les yeux, mais cette sensation me réconforte. Ainsi je suis toujours en vie. En vie.

L’elfe au coquelicot avait donc raison, il suffit de faire confiance.

Je me laisse envahir par cette lumière. Tout s’illumine autour de moi. Tout, sauf moi.

Il me faut avancer, et découvrir peu à peu cette lumière qui timidement se cache.

Mais je le sais maintenant, elle existe. Je dois juste lui faire confiance.

Et je fais mon premier pas, tenant un coquelicot au creux de ma main.

Sans toi, sans moi

Mes yeux se ferment… doucement…
Et je n’arrive pas à m’en empêcher.

D’où vient cette fatigue ? Bonne question. Sans doute les heures de boulot, auxquelles s’ajoutent les cours du soir ainsi le manque de sommeil qui s’y greffe. Et bien sur, le week-end il faut en profiter, voir ses amis, déménager. Pas le temps de se reposer.

Oui mais c’est fini maintenant, alors pourquoi ça persiste ? Pourquoi ?

Est-ce seulement une fatigue normale ? Je me sens vidé, à bout. Comme si mon corps se vidait de toutes ses forces. Quoique je fasse, je n’arrive plus à lutter et je me sens irrémédiablement attiré par ce gouffre qui grandit peu à peu sous mes pas.

Si au moins cette fatigue n’était que physique. Non, ce serait trop facile. Elle est aussi mentale, oserais-je aller jusqu’à une fatigue de l’âme ? Oserais-je…

Mes paupières semblent peser des tonnes. Chaque seconde est une lutte pour rester éveillé. Les seuls moments où je me sens bien, les seuls instants de répit, c’est lorsque je suis près de lui, lorsqu’il me tient dans ses bras ou que je sens sa douce chaleur contre mon corps.

Mais pourquoi diable je ne peux pas m’empêcher de me diriger vers ma propre perte ? Qu’est-ce que je gagne à me faire souffrir, et à faire souffrir les autres ? Rien. Mais ma lutte est vaine. Au loin tout n’est qu’obscurité. Comment pourrais-je encore y croire alors que tout semble perdu ?

En plus de cela, je me sens mal, mal dans mon corps. Tout allait si bien il y a peu, alors pourquoi suis-je retombé dans ce vicieux système ?

Autour de moi je ne trouve que questions et incertitudes. Ma vie ne ressemble plus qu’à une chimère. Et après ? Vais-je rester dans cet état jusqu’à la fin des temps, ou vais-je un jour revoir la lumière ? A moins que tout ne prenne fin… Cette traversée des ombres semble durer depuis une éternité. Quand prendra-t-elle fin ?

Heureusement tu es là. Sans toi je serais déjà perdu depuis des mois. Mais voilà que tu t’éloignes. Par ma faute. Ne me laisse pas tomber. Seul toi peux encore me venir en aide. Sans toi que deviendrais-je ? Sans toi, serais-je encore là ?

Sans toi, il n’y a plus de moi.

mercredi 4 juillet 2007

La peur

Que faire quand la peur vous attrape et paralyse chaque cellule de votre corps ? Que faire face à cette frayeur qui vous prend les tripes et vous laisse comme une épave ?

Justement, que faire ?

Je n’en ai pas la moindre idée…

Ma journée s’annonçait pourtant sous les meilleurs augures. Le soleil brillait à mon réveil, les oiseaux gazouillaient à ma fenêtre, une douce odeur de pain au chocolat flottait dans l’air (merci maman) et dans ma tête déjà je m’imaginais croquer dans cette viennoiserie couverte de chocolat (par mes soins bien sur).

Je me suis levé avec empressement, j’ai pris une douche et je suis descendu en quatrième vitesse afin de manger cette gourmandise, oubliant presque de souhaiter le bonjour à ma mère.

Une fois repu, j’étais bien décidé à profiter de cette magnifique journée de congé. Qui aurait pu penser que quelques heures plus tard…

Au programme donc : séries télés en retard à regarder, jouer à la playstation, prendre le soleil dans mon jardin, et passer une super après-midi et soirée avec des amis. D’autant plus que le repas ne présageait que de bonnes choses : des brochettes fine champagne suivies d’une somptueuse, d’une délicieuse, d’une divine crêpe.

Et la journée se passa on ne peut mieux, tant et si bien que le temps fila et la nuit commençait déjà à sortir le bout de son nez. Un dernier verre donc, un dernier rire, un dernier bisou et nous voilà sur le chemin du retour.

Me voilà également chez moi, exténué mais heureux de cette belle journée, bien décidé à profiter d’une bonne nuit de sommeil pour mettre un point d’honneur à tout cela.
Et me voilà donc chez moi, entrant dans ma chambre, enfilant mon pyjama, me tournant pour me diriger vers la salle de bain, et soudain…

Soudain le choc, la peur, une abomination sans nom. Juste là, à quelques mètres de moi… Comment une telle horreur peut se produire ?
Je n’arrive plus à bouger, aucun son ne sort de ma bouche. Je suis cloué sur place. Pourtant je sais que si je ne bouge pas, le pire pourrait arriver, mais impossible.

Que faire ? Que faire quand la peur vous attrape et paralyse chaque cellule de votre corps ? Que faire face à cette affreuse araignée ?