mercredi 4 juillet 2007

Fantasy

A bout de souffle, Solyane trébucha sur une racine et s’écroula sur le sol, la tête butant contre un lit de mousse. Elle n’avait pas une minute à perdre. Elle les sentait se rapprocher dangereusement d’elle. S’ils parvenaient à l’attraper, elle ne donnerait pas cher de sa peau.

Agile comme un félin, elle se redressa et reprit sa course effrénée à travers la forêt. La nature était son domaine, tous ses sens étaient en alerte. Elle filait entre les arbres et les buissons, déjouant les différents pièges que la forêt mettait sur son passage. Elle ne devait plus perdre sa concentration. Si cela devait à nouveau se produire, tout espoir serait perdu.

Courir, encore et toujours. Que pourrait-elle faire seule face à ces créatures ? Même Lorik, un des guerriers les plus aguerris qu’elle connaissait, est tombé face à ces envoyés de l’enfer. Dans peu de temps elle arriverait aux portes de Paeris, il ne fallait surtout pas abandonner.

Et, soudain, Solyane s’arrêta net. Elle se trouvait nez à nez face à un tigre aussi surpris qu’elle. Surtout ne faire aucun geste brusque. Lentement elle se concentra et tenta d’envahir l’esprit de l’animal. Elle ressentait ses désirs primaires : la faim, la surprise, l’envie. Par un grand effort de volonté, elle essaya de réprimer les désirs bestiaux de la bête pour le faire partir. Après quelques minutes qui paraissaient interminables, l’animal reprit sa route. Solyane s’écroula, à bout de force. Elle savait qu’à présent tout était perdu.

L’atmosphère avait changé. Elle ressentait le souffle froid de la mort qui peu à peu l’entourait. Elle n’était plus seule. Ils l’entouraient. Apparurent des créatures humanoïdes à la peau vert bouteille couverte d’écailles. Leur visage était recouvert de boursouflures et ne permettait qu’à deux minuscules yeux rouges d’observer le monde qui les entourait. Ils avaient les dents jaunies et pointues, et s’exprimaient par grognements et sons rauques. Quelques uns s’approchèrent d’elle. Tout était perdu. Elle vivait ses derniers instants et elle le savait. Et sa rage ne pouvait rien y changer…


Une des créatures n’était plus qu’un cinquante centimètres de son visage. Une haleine pestilentielle sortait de sa bouche. L’odeur de la mort sans doute. Solyane serra ses poings, se sentant totalement impuissante face à ce qui allait se produire. Soudain, la créature lui sauta dessus, et se mit à lui lécher le visage.

Solyane reprit ses esprits. Elle était allongée dans l’herbe au milieu d’un petit bois, son chien assis sur elle occupé à la regarder.
Ainsi, cela s’était encore produit. Quand cela finirait-t-il ? Etait-elle maudite ?
Elle se leva et appela son chien.
- Allez Fearn, on rentre à la maison, suis-moi.

Le trajet du petit bois jusque chez elle ne durait qu’une dizaine de minutes, mais elle était perdue dans ses pensées. Depuis toute petite elle s’imaginait des histoires, des créatures, des événements. Cela aurait pu s’arrêter avec l’adolescence, mais il n’en était rien. Et le plus troublant était que ces rêves paraissaient si réels.
Que se serait-il passé si les monstres de son rêve l’auraient tuée ? Jamais encore telle chose ne s’était produit. Et heureusement sans doute. Mais elle savait que ces illusions ne s’arrêteraient jamais, et qu’ils cachaient un plus grand mystère que les troubles hallucinatoires diagnostiqués par les psychiatres.

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