Qui es-tu ?
Comment pourrais-tu être homme, toi, dont les dieux t’ont donné ce magnifique regard ? Tout homme qui oserait plonger ses yeux dans les tiens serait à jamais damné.
Je me noie. J’étouffe. L’air vient à me manquer.
Je suis planté là, face à toi, à te fixer sans broncher. Mon corps ne me répond plus. Seule la douceur sublime de ton regard m’importe. Pour toi, je renverserais des empires, je décrocherais la lune, je vendrais mon âme au diable.
Qui es-tu ? Un Ange ? J’ai peine à le croire. Derrière ton visage sombre et mystérieux encadré par une longue chevelure de jais, tu inspires plus le doute que la confiance. Et par l’intermédiaire de tes deux yeux cristallins, tu serais capable de charmer quiconque pour parvenir à tes fins.
Serais-tu un démon ? Oui, je le pense. Ma tête me dit de m’enfuir, mais je reste ici, impassible, incapable de détourner mon regard.
Tu es sublime.
Tu m’envoûtes.
Grâce à toi, je connais enfin la perfection.
Comment pourrais-je à présent continuer à voir le monde à travers mes yeux si communs. Tu es le seul capable de voir réellement.
Grâce à ton regard.
Grâce à tes yeux.
Je t’en supplie, ne reste pas sans rien faire. Laisse moi partir ou tue-moi si tel est ton désir. Je ne pourrais supporter de rester plus longtemps dans telle situation. Oui, c’est ça, tue moi ! La mort serait une délivrance. Mourir en contemplant tes yeux. Quel doux délice.
Je sens le sang qui coule sur ma poitrine. Tu souris, et soudain ton visage s’éblouit. Une flamme s’anime dans ton regard. Tu portes tes mains à ma blessure, et tu te nourris de mon sang, de ma force vitale.
Je me sens mourir. Mais je continue à soutenir ton regard.
Je m’écroule sur le sol. Tu te penches lentement au-dessus de moi. Je sens la chaleur de ton corps frôler ma peau. Bientôt je ne serai plus, et j’en suis conscient. Mais comment lutter ? Tu as pris possession de mon corps. Bientôt, tu t’empareras de mon âme.
Mes yeux se ferment, je ne distingue plus très bien la pâleur de tes yeux bleus. J’aimerais tant contempler tes yeux une dernière fois.
Ton souffle se rapproche de mon visage. Tes lèvres se posent contre les miennes. Elles sont si douces. J’aimerais que ce moment dure toute l’éternité.
Mes forces m’abandonnent. Une fois mon dernier souffle expiré, je ferai à jamais partie de toi.
Je te dois tout….
Toi….
Mon sauveur.
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