Besoin d’espace. Besoin d’une place.
Besoin de m’envoler, de désirer, de regretter.
Besoin de découvrir de nouveaux horizons. J’étouffe…
J’étouffe dans cette prison dorée, je sens peu à peu l’air me manquer. Vers quoi me tourner ? Dois-je encore espérer ?
Je ne sais pas. Je ne sais plus.
Qu’est-ce que la vie ? N’est-ce qu’une utopie ? Qu’un rêve qu’on nous fait miroiter ? Qu’un rêve qui jamais ne sera réalisé ?
J’ai tant voulu un ailleurs. Un monde fait de joie et de bonheur.
J’ai tant rêvé d’une vie trépidante. D’un destin que je me serais forgé à la pointe de ma volonté.
De voyager, de découvrir de nouveaux horizons. D’aimer, de découvrir d’autres passions.
Ma vie est bien réelle. Je la vis, mais cela en vaut-il la peine ?
Quand j’étais enfant, un mot, un geste, et « paf », c’était l’aventure. Aujourd’hui, ce serait la rupture.
Je me voyais médecin, avocat ou artiste, côtoyant le grand monde, vivant la grande vie. Je partais en Afrique, en Asie ou en Amérique. J’en profitais surtout, car je voulais vivre.
Et me voilà aujourd’hui, perdu dans ma vie. Avec des amis certes, mais où est cette grande vie ? Que sont devenus ces carrières flamboyantes et ces voyages initiatiques ? Qui devaient m’enrichir, qui devaient m’apprendre à vivre.
J’erre, aveugle et sourd, et souvent je me perds. Je n’arrive plus à forger mes repères. Dans le passé je connaissais mes rêves et mes désirs. Aujourd’hui j’ai peur, de ce en quoi demain sera fait.
Mais la vie sourit aussi. Je le sais pertinemment. Autour de moi tout le monde rit, et fait ce qu’il attend. Mais moi ca prend du temps. Beaucoup trop de temps. Comment vais-je encore tenir ? Je suis las de tout cela. Las de féliciter, et de ne rien recevoir.
Appelez cela jalousie, je l’appellerai fierté. Car pour le moment ce que je ressens, c’est la honte de l’échec. Echec de ma vie, échec de ma destinée. Et si j’avais une étoile, que me dirait-elle ? Elle serait triste sans aucun doute, de me voir tout gâcher.
Ma vie était belle, remplie d’imagination. Mais la vie est cruelle, et la mienne n’est que poison.
Viendront-ils ces jours heureux ? Dois-je croire au lendemain ?
Ou dois-je sortir du jeu ? Finir dans un écrin ?
Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais j’ai besoin d’espace.
Note : Ce texte fut écrit sur un coup de déprime. Je crois que de voir les gens faire ce qu'ils désirent ou partir à l'aventure dans des pays passionnants à quelque peu attisé ma jalousie, et a amené le blues. Blues qui fut néanmoins productif, vu ce texte, à mi-chemin entre la prose et la poésie. Moi qui n'écrit jamais de poème, je m'étonne parfois...
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